« Si on était resté sans robot, il n’y aurait plus d’usine automobile »

Alors que se tenait ce jeudi la convention #Synapse à la cité des congrès, consacrée à la robotique ; nous sommes allés à la rencontre d’une entreprise du Valenciennois spécialisée dans ce secteur depuis plus de vingt ans. Interview de Jean-Claude Taront, président d’Eurobaut, à Denain.

Par  Jérémy Lemaire Publié le 02/12/2017

 

Comment Eurobaut travaille-t-elle avec les robots ?

 » On utilise des robots du marché. On les achète et on les programme. On est une société de services. Par exemple, sur les trois derniers véhicules haut de gamme Renault (Douai), on a programmé les robots. Une grosse partie de notre activité, c’est l’automobile. D’ailleurs, en 1987, j’ai commencé à travailler chez Renault Douai à l’époque où les robots commençaient à arriver »

La société à été créé en région parisienne (en 1994). Pourquoi s’installer à Denain ?

 » Le but, c’était de répondre au marché local. La région est forte pour l’industrie, pour l’automobile. La particularité de notre travail, c’est d’aller chez les clients, dans le Nord, mais aussi partout en France et dans le monde. Angleterre, Allemagne, Slovénie…L’un de mes salariés revient du Mexique. »

Comment se porte l’entreprise ?

 » En 2009-2010, avec la crise, tous les projets étaient gelés, plus d’appels d’offres. On l’a subie de plein fouet. On a dû procéder à des licenciements économiques. On est passé de 8 à 4 personnes. Mais depuis 2011, on est à une ou deux embauches par an. Aujourd’hui, on est douze. On essaye de maîtriser le développement. Le contexte économique est plutôt bon. Contrairement à ce que pensent certains, notamment au niveau politique, on n’embauche pas parce qu’il y a moins de charges mais parce qu’il y a du travail. »

Pour beaucoup, les robots remplacent le travail humain et donc suppriment des emplois…

 » Dans les usines automobiles, si on était resté sans robot, il n’y aurait plus d’usine en France. C’était impossible de tenir financièrement par rapport à d’autres pays. On robotise pour des raisons de coût du travail. Effectivement, il y a moins de salariés. Par contre, les gens qui restent ont un niveau de formation qui augmente. Et surtout, si l’usine ne ferme pas, c’est toute l’économie locale autour, les sous-traitants qui restent. »

Pourtant, des voix plaident pour une taxation des robots. C’était notamment l’une des propositions d’un candidat à la présidentielle (Benoît Hamon)…

 » Si cette taxe-là avait été faite, le chômage aurait augmenté et les entreprises se seraient barrées. On a en France de bons techniciens, de bonnes idées. Il faut tout faire pour les développer, pour libérer les énergies. »